dimanche 26 juillet 2015

To unravel a torment you must begin somewhere (donburi d'aubergine fondante)




Bon, je voulais revenir écrire quelque chose ici au mois de mai, j'essayais de m'y mettre tant bien que mal, quand je ne dessinais pas mes repas et que je ne tombais pas de sommeil, mais le temps a passé, je n'ai pas mis à jour mon calendrier gourmand, j'ai tout laissé traîner et pof, nous voilà déjà fin juillet. Comment se fait-ce ?

Ça m'a pourtant tellement manqué.

Le travail m'a bien occupée — et épuisée — dernièrement. J'ai continué mon carnet, qui a donné lieu à ce papier dans le nouveau numéro de Fricote, et puis je suis partie prendre l'air en Islande, dans les Fjords de l'Ouest — j'en parlerai plus tard, promis.

À mon retour, j'ai retrouvé l'été tel que je le redoute chaque année. Chaud, lourd, pesant. Je devrais peut-être songer à prendre la poudre d'escampette en juillet-août comme tout le monde au lieu de me morfondre à Paris en regardant défiler les clichés d'apéros en bord de mer, de barbecues hautement salivants ou de randonnées dans des paysages idylliques sur Instagram — pour ma part, j'instagramme aussi à tout-va depuis quelques semaines, pffff, n'importe quoi... Le reste du temps, je pleure devant des films d'animation qui évoquent la nostalgie de l'enfance, je lis des livres qui me donnent envie de tout plaquer et d'aller faire des gâteaux dans un café au fin fond de l'Islande ou de la Suède comme Fanny, ou de parcourir le monde avec un sac à dos ; je chasse la morosité et les angoisses du moment en alignant les longueurs en brasse coulée à ma piscine préférée.
Pourquoi l'été me plombe-t-il tant ? Pourquoi ai-je tant envie de froid, de neige et de brume quand les autres sont tout heureux de pouvoir se dévêtir ENFIN ? De quelle anomalie génétique suis-je faite ? De quelle matière étrange ma chair est-elle faite ?

Au milieu de cette morosité estivale, je peux quand même compter sur Joël Thiébault pour continuer à nous régaler de ses merveilleux légumes. L'autre jour, je suis rentrée du marché avec deux cabas remplis de cœur de bœuf, ananas, green zebra, andine cornue, noire de Crimée, poivrons tequila, aubergines, courgettes jaunes, concombres, haricots verts, basilic... avec en tête mes recettes fétiches : ratatouille, salade de haricots verts à la coriandre, spaghetti à la tomate et au basilic, la super sauce tomate de Pim, les  aubergines à la Parmigiana de Gracianne, et puis ce donburi d'aubergine fondante que je fais inlassablement depuis 2009... Comme ça fait longtemps, je vous la remets.


Donburi d'aubergine fondante
(recette originale trouvée ici, et déjà faite )


pour 2 personnes

2 petites aubergines (ou une grosse aubergine)
2 œufs ultra frais (fermiers et/ou bio)
2 bols de riz (rond) cuit
2 lamelles de gingembre frais
2 c.s. de sauce soja (Kikkoman, par exemple)
4 c.s. de mirin
2 c.s. de fécule
huile neutre
graines de sésame blond

Préparer les œufs pochés :
[Méthode rapide pour les nuls] Casser chaque œuf dans un petit bol, couvrir d'eau et cuire au micro-ondes pendant 1 minute environ : d'abord 30 secondes, puis de nouveau 30 secondes. Il faut que le blanc soit juste pris. Si le blanc n'est pas pris, prolonger la cuisson de 10 secondes (normalement, on ne doit pas dépasser 1 min 10 au total). Réserver.

Peler les aubergines un trait sur deux pour faire des rayures.
Les couper en rondelles de 1 cm de largeur.
Mettre les rondelles dans un sac plastique, ajouter la fécule, fermer le sac et bien secouer afin que les rondelles soient entièrement enrobées de fécule.
Dans une poêle, faire chauffer de l'huile et bien cuire les rondelles d'aubergine des deux côtés.
Quand les rondelles sont dorées, les mettre sur du papier absorbant, et jeter l'huile en trop.

Dans la même poêle, faire chauffer le gingembre, ajouter la sauce soja et le mirin et faire réduire à feu moyen (attention à ne pas laisser brûler la sauce) (dans la recette originale, il faut remettre les rondelles d'aubergine dans la poêle pour les enrober de sauce, mais je trouve le résultat moins joli et moins bon).




Il reste aussi le plaisir des habitudes, des lieux devenus familiers (Mûre, La Pointe du Grouin, Abri, Coutume Instituutti, Septime, Nina, Hexagone Café, La Gambette à Pain...) où l'accueil, les sourires et les mots échangés rendent les visites encore plus réjouissantes et donnent sans cesse envie de revenir.

mardi 7 avril 2015

Table Ronde




Hmm... comment dire ? Je crois que j'ai été un peu ambitieuse en prenant mes bonnes résolutions en début d'année. Dessiner ses repas quotidiennement est une tâche qui requiert une constance et une discipline sans faille ; au moindre relâchement, on se retrouve rapidement submergé. En échange, chaque page qui prend forme est une récompense, et voir le carnet se remplir est une source de joie immense. J'ai enfin trouvé quel était le but ultime de mon passage sur terre : remplir des carnets entiers de dessins de bouffe.
Justement, il se trouve qu'une fille qui a travaillé dans mon restaurant doudou (Septime !) a aimé cette page de carnet et m'a demandé de lui faire une affiche pour son passage à Table Ronde ce mois-ci. Comme on ne peut rien lui refuser — demandez par exemple au Café Constant comment ils gèrent une cliente qui réclame des profiteroles à onze heures du soir quand il ne reste plus un seul petit chou —, j'ai séché la piscine, le club de lecture et mon lit, et j'ai commis ma toute première affiche.
Vous me connaissez, c'est du fait main, mais j'espère que ça vous donnera envie d'aller goûter la cuisine de Céline Pham — en fait, les dîners sont déjà (!) complets, mais si vous pouvez y aller pour déjeuner, n'hésitez pas ! Le bouillon phở bò à lui seul vaut le déplacement.

dimanche 22 février 2015

And of course she enjoyed life immensely




Kung Hei Fat Choi (恭喜發財) ! Je suis un peu en retard, certes. Mais je suis en retard pour tout en ce moment. Et pour cause, je m'applique à tenir mes bonnes résolutions pour l'année, qui peuvent se résumer en deux mots : DESSINER PLUS. La preuve en images.
Après l'échec de mon agenda 2012, qui n'avait été rempli que sur deux mois à peine — shame on me —, je retente cette année l'expérience de dessiner mes repas tous les jours. Et c'est du boulot, vous pouvez me croire ; je n'ai plus le temps pour rien d'autre. En plus, je dois rattraper le retard de janvier, car il m'a fallu plusieurs semaines pour mettre en route la machine, et entretemps j'ai perdu mes crayons de couleur — crayons chéris qu'on m'avait offerts —, un vrai drame. Le temps de réaliser qu'ils ne réapparaîtraient pas comme par enchantement, plusieurs jours ont passé, j'ai dû me résoudre à en racheter la mort dans l'âme — car si les crayons peuvent toujours se remplacer, les cadeaux sont perdus à jamais. Snif.


Bon sinon, je voulais vous parler depuis des lustres d'un truc trop bon, mais voilà, j'ai tellement tardé qu'il n'existe plus. Il s'agissait du muesli de chez Lockwood : du fromage blanc recouvert de plein de fruits colorés et appétissants — bien que pas de saison, contrairement à ce qui était écrit sur le menu —, saupoudré de muesli et arrosé d'un filet de sirop d'érable. Ça ressemblait à ça :


J'ai découvert ce muesli un matin de décembre, en compagnie d'une jeune Texane assistante d'anglais en Normandie — au départ, je voulais l'emmener chez Mûre, mais comme ça n'ouvrait qu'à 11h et qu'il était encore tôt, je me suis rabattue sur Lockwood —, et ce muesli était tellement renversant, tellement parfait que j'y ai pensé tout le temps pendant les semaines qui ont suivi. Mais je n'ai pu le savourer que trois fois avant qu'il ne fût remplacé courant février par un granola — très bon, certes, mais un peu moins que le muesli. Mes demandes répétées de rollback à l'ancienne version se sont soldées par un échec.
Après le deuil de mes crayons de couleur donc, celui du meilleur muesli de l'univers. Le sort s'acharne sur moi.
 

En voyant ces pages, on peut avoir l'impression que je petit-déjeune sans arrêt dehors, ce qui n'est pas vrai du tout sauf quand la piscine est fermée pour vidange, et dans ce cas, j'en profite pour faire la tournée de mes cafés préférés — et en découvrir de nouveaux (Holybelly, Smörgås). Et je crois que mon plus gros coup de cœur du moment, c'est le carrot cake et le jus de pomme verte de chez Coutume (Babylone et Instituutti) : le carrot cake a une texture parfaite, le glaçage au cream cheese est joliment posé et j'adore les petites paillettes de zeste de citron vert, c'est à la fois beau et délicieux ; quant au jus de pomme verte, je ne m'en remets toujours pas : on dirait du coulis de pomme verte, un truc dément que je pourrais avaler par litres entiers et qui va me sauver du sevrage du sorbet pomme verte de Grom entre avril et octobre.


À part ça, non contente d'admirer les illustrations de ce livre, j'ai testé la recette de brownies qui y figure, et j'ai eu tout un tas de compliments avec son lot de points d'exclamation. Si vous aimez les livres de recettes illustrés et que vous avez, accessoirement, un enfant, achetez-le, sérieusement.

http://www.librest.com/evenements/2-le-genre-urbain/du-monde-dans-ta-cuisine,2158-5.html?periode=mois&date_debut=2014-11-01&date_fin=2014-12-01&mois_debut=2014-11-01&mois_fin=2014-12-01&majLibPref=4

mardi 6 janvier 2015

Let it shine under the morning star




En ce début d'année, alors que je n'ai jamais été très versée dans les bonnes résolutions, je me surprends à formuler tout un tas de souhaits, à fourmiller d'envies et de projets pour 2015.
Si vous me le permettez, je vous souhaiterai la même chose : une année pleine d'envies et de projets...
Une année palpitante.

(Je reviens bientôt avec mon calendrier 2015, promis !)

dimanche 14 décembre 2014

Festins d'automne (et une salade toute simple)



Bon, c'est sûr que j'aimerais venir écrire ici plus souvent, poster plus de dessins, partager plus de choses, mais vous savez ce que c'est : le travail, la routine, la fatigue, plus les anniversaires qui s'enchaînent en cette période de l'année et qui ne laissent que peu de répit. Et puis j'avouerais que les vraies découvertes ne sont pas si fréquentes et que nous nous contentons la plupart du temps de nos adresses chouchous. Tout récemment, je me suis pété le bide avec le riz au lait de la Régalade, qui, comme vous le savez peut-être, est servi hyper généreusement. J'ai vidé le bol jusqu'au dernier grain de riz — certes, j'ai été un peu aidée, mais ce fut tout de même mon œuvre, ma performance. La longue longue balade qui a suivi dans l'après-midi n'a pas suffi à m'ouvrir un peu l'appétit pour le magnifique buffet concocté par Martine Camillieri aux Étonnants Festins le soir même — j'y suis allée notamment pour me faire dédicacer Jamais sans mon kmion, que j'adore et qui me donne (presque) envie de passer mon permis et de m'acheter mon propre kmion. Bref. Ce soir-là, j'ai tout de même goûté ma toute première hostie, moi qui n'en avais même jamais vu de près — ma curiosité l'a emporté sur mon estomac trop plein. Et donc, sous forme de canapés avec des rillettes aux deux saumons, c'est surprenant et très bon !

Bon, sinon, Septime est toujours aussi bien, que dis-je... c'est de mieux en mieux. Nos deux derniers repas cet automne étaient particulièrement réussis : je repense avec émotion au poulpe - poireau - lard de Colonnata, aux saint-jacques à la plancha - betterave - chou rouge, à l'agneau de pré salé - héliantis - purée d'anchois et de fanes de radis, ou encore à l'association glace au café - lemon curd que je n'aurais jamais imaginée fonctionner aussi bien. J'aime y retourner régulièrement et voir la cuisine évoluer au fil des saisons, et puis le personnel est toujours aux petits soins, on voudrait que ce soit partout comme ça. Évidemment, nous avons déjà réservé notre table pour la prochaine fois — c'est devenu une habitude, nous ne quittons jamais le restaurant sans avoir une table pour la fois suivante, ce qui nous épargne la corvée de la réservation en ligne ou au téléphone.

Une découverte que je peux partager, même si tout le monde a déjà parlé de cette nouvelle cantine : il s'agit de Mûre et en particulier de son brunch trop bon (formule à 23 € avec buffet à volonté), qui nous a bien — voire trop — calés jusqu'au soir. Moi qui ai commencé par partager la soupe d'amande et chou-fleur, j'ai fini par en redemander un bol. Même chose pour le crumble pomme-poire-sarrasin : à peine la première bouchée avalée, je me suis levée pour aller chercher une assiette supplémentaire. Le goût du sarrasin va merveilleusement bien avec le crumble, c'est irrésistible. Il faut absolument que j'essaie ça chez moi — je vous tiendrai au courant. Un peu plus et j'oubliais de vous parler du jus poire-betterave-citron, doux et onctueux, dont on se resservirait volontiers, et des salades subtilement équilibrées. Tout est délicieux, et je n'ai qu'une envie : y retourner très vite.

J'ai bien cuisiné des soupes dernièrement : un velouté de potimarron et aussi un minestrone super réconfortant, mais ce que je préfère pour le dîner en ce moment, c'est une simple assiette de salade avec de la grenade et ma sempiternelle vinaigrette au ponzu — que je ne me fatigue même pas de faire à part. Drôle d'envie pour un mois de décembre, mais il faut croire que je ne suis pas la seule.


Mesclun, grenade et ponzu (ma salade préférée du moment)


C'est tout simple, il vous faut :

du mesclun (le mélange que vous voulez)
des graines de grenade
un trait de ponzu
un trait de Melfor (ou de vinaigre de vin blanc)
un trait d'huile neutre (tournesol, mélange de quatre graines, etc)
du poivre noir fraîchement moulu
(pas de sel, étant donné que le ponzu est à base de sauce soja)

Après avoir disposé la salade et les graines de grenade dans l'assiette,
- soit vous faites une vinaigrette en mélangeant ponzu, Melfor et huile dans un bol, puis vous versez le tout dans l'assiette,
- soit vous versez les trois directement dans l'assiette, puis vous mélangez le tout (ce n'est pas conforme, je sais, mais bon, la paresse...).

Sur ce, je vous laisse : mon chantier de Weihnachtskekse m'attend !

mercredi 12 novembre 2014

October Lighght*




Voilà, j'ai été occupée. Débordée. Octobre fut un immense tourbillon, qui ne m'a pas laissé une minute de répit. Un ami américain est venu en visite à Paris, à qui il a fallu faire découvrir tout plein de choses. Pêle-mêle : les vrais croissants et éclairs au chocolat, les galettes et crêpes bretonnes au Breizh Café, les pizzas corses de Papacionu — une adresse conviviale que je continue à partager inlassablement avec collègues et amis —, la carte savoureuse de La Pointe du Gro(u)in, les frites belges au blanc de bœuf chez De Clercq, le vrai couscous de Chez Hamadi — merci encore à Sophie Brissaud pour le conseil, j'avais noté l'adresse depuis longtemps, c'était effectivement sublime, et je suis bien contente que cet ami ait pu constater par lui-même que le couscous est tout sauf "bland". Nous avons aussi passé une matinée à contempler les dessins du Studio Ghibli au musée Art Ludique, et puis un après-midi à déambuler dans les petites rues calmes de Montmartre, suivi d'une soirée au Point Éphémère pour écouter en vrai la musique de Kishi Bashi — un garçon adorable, soit dit en passant.
Au milieu de tout cela, il y eut un anniversaire parfait : une avalanche de cadeaux, parmi lesquels une authentique Dictée Magique, mon jouet préféré d'il y a trente ans — on sait maintenant d'où vient mon côté maître Capello qui agace pas mal de monde, mais bon, on ne se refait pas —, un repas aux petits oignons chez Septime, un film haletant au cinéma, et puis plein de messages et de vœux d'anniversaire qui ont ponctué cette journée très spéciale.
Dans ce tourbillon, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de cuisiner. Rien n'est sorti de mes fourneaux, sinon mon sempiternel granola et mes quelques gâteaux chouchous. La cuisine paternelle nous a bien nourris le reste du temps : mapo doufu, omelette à la ciboulette chinoise, shizitou (boulettes têtes de lion), poisson vapeur à la cantonaise, etc. Dans ces moments-là, je me félicite de m'être installée tout près de chez mes parents.
Je n'ai à offrir aujourd'hui qu'un petit dessin de Papacionu, griffonné vite fait, car il y eut un paquet d'autres dessins à faire aussi le mois dernier.
Ce n'est que maintenant que je prends le temps de souffler un peu. Ouf.

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* "Lighght" est une référence à cet album de Kishi Bashi.

vendredi 3 octobre 2014

In the twilight they danced and played... (le goût de l'été et un banana bread)




Cette année, août a eu le goût des légumes de Joël Thiébault et des framboises du parc cueillies par mon père, le goût de la chakchouka, de la salade de tomates au pain grillé, de la salade de concombre à la vinaigrette de ponzu, et aussi de la ratatouille cuisinée tard dans la nuit sur fond de Q&A de Kishi Bashi et Tetrishead de Zoe Keating (tournant en boucle avec quelques autres morceaux).
Août a eu le goût des jus verts de Pret A Manger, des pizzas corses de Papacionu, une excellente adresse que d'anciens collègues m'ont fait découvrir fin juillet et que j'ai fait découvrir à mon tour à mes collègues, poulet et famille durant les semaines qui ont suivi. J'ai un faible pour la minimaliste mais néanmoins gigantesque Mozzarella (mozzarella, tomate), qui est la plus simple de la carte — les plus simples étant mes préférées.
Et puis, août a aussi eu le goût du chlore, une substance devenue absolument vitale pour moi. Les cafés-petits dej d'après piscine se sont multipliés, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Puis septembre est arrivé, avec le goût des Martini les vendredis soirs entre collègues, et des douceurs offertes lors du goûter géant des 5 ans de la Pâtisserie des Rêves sur les pelouses de Breteuil (merci M. Conticini !). Je débarquais totalement, car j'étais passée à côté des précédentes éditions, et c'est ma sœur qui a pris l'initiative de nous inscrire cette année. Robe rose et cardigan blanc sur le dos, j'ai découvert le stick kouign amann, une bonne surprise — pas gras du tout, mais pas secos non plus —, le riz au lait bien vanillé, les barres de voyage chocolatées, mais j'avoue que j'ai fait l'impasse sur les bonbons.
Septembre a eu aussi le goût de l'entrecôte-frites et de la profiterole géante du 14 juillet, partagés en famille lors d'un repas d'anniversaire. Un moment joyeux et hyper gourmand.

J'ai peu pâtissé cet été, mais j'ai apporté au bureau un banana bread que j'avais déjà fait une ou deux fois, et qui a eu son petit succès — même auprès de moi qui ne raffole pas du tout des gâteaux à la banane, c'est vous dire.


Le banana bread de David Lebovitz
(recette originale ici)


pour un moule à cake d'environ 22 cm de longueur

210 g de farine
1 c.c. de levure chimique
1/2 c.c. de bicarbonate de soude
1/2 c.c. de sel
1/4 c.c. de cannelle moulue (initialement : 1 c.c.)
150 g de cassonade
50 g de beurre fondu
œufs
250 g (= 2-3 grosses ou 4-5 petites) bananes très mûres, réduites en purée
125 ml de crème liquide
1/2 c.c. d'extrait de vanille
60 g de pépites de chocolat

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand bol, mélanger la farine, la levure, le bicarbonate, le sel, la cannelle et la cassonade.
Dans un autre bol, mélanger le beurre fondu, les œufs, les bananes, la crème et l'extrait de vanille.
Creuser un trou dans les ingrédients secs et y verser les ingrédients liquides.
Mélanger grossièrement, ajouter les pépites de chocolat, mélanger à nouveau (arrêter dès que la farine est entièrement incorporée).
Verser la préparation dans un moule à cake tapissé de papier cuisson.
Enfourner pendant 50 minutes environ (ajuster le temps de cuisson selon son four). Le cake doit être tout juste cuit.
Laisser refroidir avant de démouler et couper en tranches.

(Je vous ai mis la recette comme ça, mais j'ai peut-être remplacé le blanc d'œuf par un petit œuf entier et rallongé un peu le temps de cuisson, j'avoue que j'ai oublié. Mettons cela sur le compte du relâchement estival... Je referai le cake et modifierai la recette si nécessaire.)

dimanche 27 juillet 2014

Haut les cœurs (chou-fleur et chakchouka)



Accablée par la chaleur ambiante, je n'ai envie de rien. Je suis ronchon. Je me coupe les cheveux (beaucoup) trop courts, et je ne sais plus comment m'habiller. Je passe des heures allongée sur le canapé à rêver de fraîcheur, de ce vent islandais qui une fois levé ne s'arrête plus.
Au bureau, des petites souris sont venues grignoter mon granola et mes Manner Schnitten, m'obligeant à vider mes tiroirs et à planquer dorénavant mes réserves dans des boîtes en métal. Les moustiques, eux, continuent à se régaler de ma personne, multipliant ainsi les stigmates sur mes cuisses et mollets déjà bien marqués lors de nos récentes vacances en Irlande — j'en parlerai plus tard.
C'est donc le même refrain estival, la même torpeur, la même impatience de voir des jours plus frais arriver.

Ce qui égaie tout de même cet été :
- le café post-piscine du vendredi avec un pote nageur, musicien à ses heures perdues ;
- les longs échanges avec un ami américain qui a rêvé successivement d'être dinosaure puis président  — des États-Unis, oui —, aime le nigori saké et partage avec moi un goût prononcé pour les udon, les ramen et les transcriptions API ;
- les tomates de Joël Thiébault [ʒoɛltjebo], qui font toujours d'excellentes sauces et salades et d'exquis spaghetti à la tomate ; j'ai hâte de retrouver les petits tequila, vous savez*, ces petits poivrons violets  — ici, au premier plan — qui sont irrésistibles grillés...
- l'entrée composée de concombres chez Septime [sɛptim] l'autre soir, à la fois simple et surprenante, et aussi ce sorbet au chocolat au miel d'Italie servi en post-dessert ;
- le chou-fleur cramé [ʃuflœʁkʁame] et la chakchouka [ʃakʃuka], mes deux plats préférés du moment, qui sont bien partis pour être nos plats de l'été. Ceux qui ont déjà mangé chez Miznon reconnaîtront sans difficulté le chou-fleur "cramé", une merveille de simplicité et de délice. Une révélation, même, car ni mon poulet ni moi ne raffolions du chou-fleur jusqu'alors, mais ce jour-là, chez Miznon, nous nous en sommes régalés. Vraiment. Depuis, j'ai voulu reproduire ça chez moi, et après quelques essais et ajustements, je crois y être parvenue. Évidemment, ça ne m'empêchera pas de retourner chez Miznon, pour la pita hyper moelleuse et les sauces/condiments pour faire trempette, la pita au chou farci (à l'agneau), et tout ce que je n'ai pas goûté de leur carte.

Chou-fleur cramé à la Miznon


à partager à 2

1 petit chou-fleur
huile d'olive
sel

On peut à peine appeler ça une recette.
Je plonge le chou-fleur dans une grande casserole remplie d'eau, je chauffe et fais cuire 15 minutes à partir de l'ébullition. J'égoutte le chou-fleur, puis je le mets dans un petit plat allant au four. J'arrose de 2 c.s. d'huile d'olive, je sale et j'enfourne environ 45 min à 230 °C (mode grill), le temps que le chou-fleur noircisse un peu.

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Quant à la chakchouka, j'en avais très envie depuis longtemps. La photo de Clotilde était restée imprimée dans un coin de ma tête... Puis on m'a prêté le livre Jerusalem de Yotam Ottolenghi il y a quelque temps.
Pour ma version de chakchouka, je suis partie de la recette d'Ottolenghi, mais en m'inspirant aussi de celles de Clotilde et de David Lebovitz. Ça aussi, c'est irrésistible.

Chakchouka
(basée sur la recette de Yotam Ottolenghi dans Jerusalem)



pour 3 personnes environ

5 belles tomates bien mûres, coupées en gros morceaux (ou 2 boîtes de tomates concassées)
2 poivrons rouges épépinés et coupés en dés
1 oignon émincé
4 gousses d'ail hachées
2 œufs bien frais par personne
2 c.s. d'huile d'olive
1 c.s. de harissa
1 c.s. de concentré de tomate
2 c.c. de cumin
1 c.c. de paprika
2 c.c. de sucre de canne
quelques feuilles de persil et de coriandre ciselées
sel, poivre fraîchement moulu
du pain, pour saucer

Faire chauffer l'huile dans une grande poêle.
Faire revenir l'oignon, les poivrons et l'ail haché pendant 5 minutes à feu vif.
Ajouter les tomates, la harissa, le concentré de tomates, les épices et le sucre.
Mélanger le tout et laisser cuire à feu moyen-vif pendant une vingtaine de minutes, le temps que la sauce épaississe.
Saler, poivrer, mélanger.
Creuser des trous dans la sauce (c'est là qu'on voit si la sauce a la bonne consistance ou non : si elle n'est pas assez épaisse, les trous ne tiennent pas) et déposer délicatement un œuf dans chacun des trous. Dans ma poêle, je peux en mettre 4 sans qu'ils se mélangent tous. Pour 6 œufs, on peut les cuire en deux fois.
Laisser cuire à feu moyen jusqu'à ce que les blancs soient pris.
Parsemer de persil et de coriandre.
Servir délicatement à l'aide d'une spatule pour éviter de casser les jaunes.




* Moi, je ne savais pas... C'est Joël Thiébault qui m'a appris le nom de ces poivrons violets la dernière fois que je suis allée au marché de l'Alma...

jeudi 3 juillet 2014

Sonia, les produits laitiers et moi



Une proposition qui est arrivée le lendemain de mon anniversaire, comme un cadeau supplémentaire : illustrer des recettes de Sonia Ezgulian, dont j'admire la créativité.
Non, je n'avais jamais dessiné que pour moi, sur mes carnets, sur ce blog... Je ne savais pas si j'allais y arriver, si le résultat plairait ou non...

Le résultat est , enfin.

C'est un début.

lundi 2 juin 2014

Où l'on grouine et fait des cakes au citron


(Je ne sais pas si ça se voit bien, mais le far breton est emballé dans du papier)

Pour éviter la file d'attente, le mieux est de partir tôt. Descendre, choper le premier bus qui passe — le 43, le 26 ou encore le 32 —, et une fois arrivé à destination, échanger ses sous contre des groins, la seule monnaie acceptée à la Pointe du Gro(u)in.
À partir de là, ça devient plus difficile : il faut choisir. Bara bihan ? Sandwich ficelle ? Œuf de la mort ? Soupe de légumes ou bouillon de homard ? Galette saucisse ? Et en dessert, far breton ? Kouign amann ? Mœlleux au chocolat ? Teurgoule ?
Étant donné que tout fait envie, le choix s'avère cornélien. Il faut bien y retourner régulièrement pour arriver à satisfaire sa curiosité et sa gourmandise, ce qui est notre cas, car La Pointe du Groin fait partie de nos cantines préférées. Ma spécialité à moi est de prendre un dessert sur place et toujours au moins un dessert à emporter, vu que je n'arrive jamais à me décider.




La dernière fois, c'était bouillon de homard (avec des crudités émincées, du parmesan, des herbes et des croûtons), œuf de la mort aux asperges (avec des champignons de Paris, des croûtons bien dorés, des herbes et une bonne dose de crème), et un dessert de saison : une soupe de fraises (avec une cuillerée de crème Bordier). On a mangé sur le piano à queue, les autres avaient aussi des huîtres, un bara hareng, du far breton... C'était comme une petite fête avant le déménagement de F., qui nous quitte pour aller s'installer dans le sud, où elle travaillera à distance — j'ai fait mon Calimero en apprenant la nouvelle : plus de cours de poterie, plus de visites d'expos après le travail, plus de rum balls ou de raisin oatmeal cookies au bureau. Bouhouhouh.

Bon sinon, mon obsession pour le granola se porte bien, merci. Il y en a toujours une réserve dans ma cuisine ainsi que dans mon tiroir au bureau, et si un jour vous rencontrez une fille qui se balade avec un ziplock de granola dans son sac, eh bien c'est moi. Par ailleurs, je ne me prive pas d'en offrir dès que l'occasion se présente : "bonjour, tu veux du granola ?", et hop, je dégaine mon ziplock — ou mon pot de confiture recyclé si c'est au bureau.

Dans les obsessions du moment, il y a aussi celle des gâteaux au citron. J'ai testé tout récemment une recette de lemony lemon brownies qui avaient l'air déments, mais qui en vrai sont bof bof. Par contre, j'ai déjà fait plusieurs fois le cake au citron vu chez Gracianne, et je dois vraiment me retenir pour ne pas en refaire.


Cake au citron
(adaptée de la recette de Christophe Felder, trouvée chez Gracianne)


pour un moule à cake de 25 cm environ (éventuellement un peu moins, mais pas plus)

190 g de farine
1/2 sachet de levure chimique
100 g de mascarpone (ou, à défaut, de crème fraîche épaisse)
70 g de beurre demi-sel fondu
zeste de 2 citrons bio/non traités
jus d'1 citron et demi
190 g de cassonade
4 œufs

Pour le glaçage :
jus d'1/2 citron
100 g de sucre glace (de mémoire)

Préchauffer le four à 180 °C.

Prélever le zeste et le jus des citrons et réserver.
Dans un saladier, battre les œufs et la cassonade jusqu'à avoir un mélange bien blanchi, ajouter le sel et les zestes, mélanger.
Dans un bol, fouetter le mascarpone avec quelques cuillerées du mélange précédent pour l'assouplir, reverser le tout dans le saladier, et bien fouetter.
Incorporer la farine et la levure et mélanger.
Ajouter le beurre fondu et mélanger encore.
Verser dans un moule à cake recouvert de papier cuisson.
Enfourner pour 10 minutes à 180 °C, puis 30 min (40 min pour moi) à 150 °C (à adapter selon les fours).
Démouler et laisser tiédir sur une grille.

Mélanger le sucre glace et le jus d'1/2 citron dans un bol jusqu'à obtenir une pâte épaisse (si ce n'est pas suffisamment épais, ajouter du sucre glace).
Recouvrir le cake de ce glaçage, laisser sécher.

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Désolée pour l'indigence de ces derniers billets, je n'ai vraiment, mais vraiment aucune inspiration depuis quelque temps.

lundi 5 mai 2014

Granola craving


(J'ai pris une orange pressée ce jour-là, mais je vous recommande plutôt
le smoothie pomme fraise violette, qui est absolument délicieux.)

Un lundi matin, chez Claus, alors que je n'avais pas assez faim pour une corbeille de pains à tartiner, mais pas envie non plus de croissant ou d'œuf à la coque, je me suis hasardée à commander un bol de fromage blanc, fruits frais et granola. Un événement en soi, car j'avais toujours considéré le granola avec, au mieux, une certaine indifférence, au pire, du dédain : ce "truc" bobo-bio pour filles au régime, ça ne pouvait sûrement pas rivaliser avec une bonne tartine beurrée. Sauf que là... dès la première cuillerée, ce fut l'E-X-T-A-S-E. J'ai tout fini mon bol, en raclant bien, et j'en voulais encore. Bilan : granola & filles au régime 1 - Mingou 0.
Le soir même, je filais aux Nouveaux Robinson me faire une provision de flocons de céréales et de graines en tous genres, et quelques heures plus tard, mon premier granola, fait à partir de la recette de base de Clotilde, était prêt.
Depuis, il y eut ça (et c'est un échantillon) :








Un bol de yaourt-fruits-granola chaque matin — sauf pendant notre escapade de trois jours en Bretagne, où j'ai pensé très très fort à mes pots de granola restés à la maison, snif. Et surtout, j'en prépare désormais une fournée chaque semaine, afin de ne JAMAIS JAMAIS en manquer.
Alors voilà, je suis celle qui a découvert le granola en 2014.

Le granola comme je l'aime (c'est-à-dire très riche en oléagineux)
(décliné à partir de la recette de base de Clotilde)


pour au moins une semaine de petits déjeuners à deux

270 g de flocons de céréales (de type porridge et non cornflakes) (avoine, kamut, épeautre, blé, seigle, orge... ou un mélange)
30 g de riz et/ou quinoa soufflé
200 g de fruits à coque (un mélange de noisettes, amandes, noix de pécan, noix de cajou, noix de macadamia, pistaches), grossièrement concassés
100 g de graines (un mélange de graines de courge, tournesol, lin, sésame)
3 c.s. d'huile de tournesol (ou autre huile neutre)
160 g de golden syrup (environ 7-8 c.s.), ou sirop d'agave ou sirop d'érable
2 c.s. d'extrait de vanille maison
1/4 c.c de fleur de sel

Mettre tous les ingrédients dans un grand saladier et mélanger vigoureusement quelques minutes jusqu'à ce que tout soit bien enrobé d'huile et de sirop.
Étaler sur une plaque de four recouverte de papier cuisson et enfourner à mi-hauteur.
Allumer le four à 150 °C et faire cuire le granola en le mélangeant toutes les 15 minutes, jusqu'à ce qu'il soit doré comme on le souhaite. Dans mon four, cela prend environ 45 minutes pour qu'il soit bien bien doré.
Mélanger une dernière fois, et laisser refroidir sur la plaque.
Mettre le granola dans des bocaux, et conserver à température ambiante, jusqu'à un mois environ (mais normalement, il ne devrait plus y en avoir au bout d'une semaine).

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Je vous aurais bien parlé d'autre chose, mais en ce moment, je n'ai que du granola dans la tête. Et d'autres choses, pas super intéressantes, à part Cancale, mais ça nécessite un autre billet. Je peux quand même crâner un coup en vous montrant les jolis bols que je me suis offerts récemment et que j'aime d'amour...


Ils ont été fabriqués par Khnoum, ma très talentueuse collègue, chez qui j'avais suivi une initiation à la poterie il y a un peu plus d'un an. Ceux-ci sont beaucoup trop petits pour le granola — on pourrait éventuellement s'en servir comme tasses à saké —, mais je lui passerai peut-être commande de bols plus grands... En attendant, je surveille sa boutique en ligne, à l'affût d'autres pièces japonisantes que j'aimerais voir dans ma cuisine...

mardi 1 avril 2014

Un dimanche tranquille* (pulled pork sandwiches)



La veille, un déjeuner parfait au Breizh Café, qu'on ne présente plus — j'avais oublié à quel point leurs galettes et crêpes étaient exceptionnelles en elles-mêmes. Avec une telle qualité de pâte, nous nous en tenons toujours au plus simple, c'est-à-dire des variantes de la complète, et en dessert, toujours la beurre yuzu — parfois en double exemplaire.
Puis, après un café à une terrasse ensoleillée, un moment de quiétude absolue au cœur du jardin des Archives Nationales. Un banc inoccupé, au milieu des arbres et des buissons, nous appelle à lui : impossible d'y résister. Lui assis, moi allongée sur le reste du banc, la tête posée sur sa cuisse, nous discutons de choses et d'autres, et surtout, nous savourons cette pause qui n'était pas du tout prévue.
Si nous nous décidons finalement à bouger, c'est pour aller déguster un sorbet mela, sans doute le dernier de la saison. Après en avoir avalé des litres durant cet hiver, je crois que je suis prête à me tourner vers d'autres parfums, en attendant son retour en octobre.
N'eût été l'abondance de pollen dans l'air, qui m'irrite et m'épuise, j'aurais pu qualifier ce samedi de parfait.

Et puis, ce dimanche, j'ai enfin essayé cette recette dont je rêvais depuis plus de deux ans — envie alimentée de surcroît par Flabbergasting Christelle et Parigote. Du pulled pork longuement mijoté, des pains maison mœlleux... J'ai invité ma sœur à se joindre à nous pour le déjeuner. Ce fut un régal.

Sandwiches au pulled pork

Le sandwich a l'air un peu chiche comme ça, mais c'est parce qu'il a été compressé avant dégustation.

pour 6 sandwiches

Le pulled pork (adapté de la recette de Jen de Simply Breakfast)

1,1 kg de palette de porc (ici : rouelle de porc, ça marche très bien aussi), coupée en gros morceaux
1 pomme
240 ml de vinaigre de cidre
2 c.s. de sauce soja (claire)
1 c.s. de ketchup (ajout inspiré de cette recette)
60 ml de sirop d'érable
1/2 c.c. de moutarde moulue (facultatif)
1/2 c.c. de paprika
1/2 c.c. de poivre noir
3 gousses d'ail hachées
1 oignon émincé

Éplucher et couper la pomme en fines lamelles.
Dans un faitout, faire dorer les morceaux de viande dans un peu d'huile.
Ajouter le reste des ingrédients, mélanger, couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant 3h environ, en mélangeant de temps en temps.

 
Une fois la viande bien cuite (les morceaux se défont quand on les retourne), la sortir du faitout et l'effilocher à la fourchette après avoir retiré le gras.
Dégraisser un peu la sauce.
Remettre la viande effilochée dans la sauce et bien mélanger.
Voilà, le pulled pork est prêt !



Les pains (recette de hot dog buns du Pétrin, trouvée chez Gracianne), en MAP

125 ml de lait
120 ml d'eau
1 œuf
1 c.c. de sel fin
1 c.s. de sucre 
425 g de farine T65
2 c.c. de levure sèche instantanée (type Briochin)
15 g de beurre mou
1 blanc d'œuf additionné d'1 c.s. d'eau
graines de sésame

(Pendant que le pulled pork est en train de cuire...)
Dans la cuve de la machine à pain, mettre l'eau, le lait, le sel, le sucre et l'œuf entier battu.
Ajouter ensuite la farine et la levure, et lancer le pétrissage.
Quand la pâte forme une boule et commence à se détacher des parois, incorporer le beurre mou.
Pétrir ensuite une dizaine de minutes, puis laisser la pâte lever dans la machine environ 1h.
(Avertissement de Gracianne : Attention, certaines machines à pain chauffent pendant la levée. La mienne chauffe un peu trop pour les pâtes qui contiennent du beurre, elle a tendance à les cuire un peu, donc je l’éteins.)
Verser doucement la pâte sur un plan de travail fariné, la diviser en 6 morceaux de même poids (à peu près), couvrir d'un linge et laisser détendre 5 min.
Façonner 6 pains ronds et les déposer sur une plaque de cuisson recouverte de papier cuisson en laissant suffisamment d'espace autour d'eux car ils vont gonfler pendant l'apprêt et pendant la cuisson.
Couvrir d'un torchon humide et laisser reposer 45 min à 1h selon la température ambiante.
Préchauffer le four à 180 °C.
Badigeonner les pains avec un peu de blanc d'œuf allongé d'eau, en évitant les coulures qui collent le pain sur le papier après cuisson.
Saupoudrer de graines de sésame.
Enfourner environ 15-20 minutes, jusqu'à ce que les pains prennent une coloration blond doré.
Laisser refroidir sur une grille.

Pour accompagner le pulled pork, à défaut d'un vrai coleslaw, j'ai râpé quelques carottes jaunes et blanches ainsi qu'une petite betterave, et je les ai mélangées à de la mayonnaise et du vinaigre de vin blanc (idée trouvée ici, merci Flabbergasting C !).

Je ne vous explique pas comment composer les sandwiches, la photo ci-dessous parle d'elle-même.


Et comme il s'agit des meilleurs sandwiches que j'aie faits de ma vie, il va sans dire qu'ils vont revenir souvent à notre table.

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dimanche 9 mars 2014

La routine du samedi et le farz aux pruneaux



Au retour de mon escapade finlandaise, j'ai retrouvé mon poulet, mes habitudes, mes routines.
Dès le lendemain, nous sommes allés récupérer notre commande de fruits, légumes et yaourts à la Ruche, puis nous avons filé droit chez Sanukiya, qui est sans doute notre cantine préférée parmi toutes. Les bukkaké tenpura udon, comme tous les autres plats d'ailleurs, sont d'une constance remarquable — ce qui me fait penser aux réflexions de Camille Oger dans son article sur la photo au restaurant. Ses remarques se vérifient sans problème chez Sanukiya, on se régale donc à chaque fois.
Dans cette routine du samedi, il y a la balade à pied jusqu'à Odéon, en passant par le Louvre et les quais de Seine, avec une pause obligée chez Grom pour un sorbet pomme verte, et de plus en plus souvent un rapide passage au Coutume Instituutti — comprendre : l'Institut Finlandais — pour ses excellents cafés. J'en profite parfois pour me renseigner sur les cours de finnois, avec toujours ce fol espoir de m'y inscrire un jour, qui sait ?
Le parcours se poursuit souvent au jardin du Luxembourg, où j'aime retrouver le coin des ginkgo, du rucher et du verger, surtout à l'automne, quand les arbres se parent de couleurs flamboyantes et que le plaqueminier est plein de kakis que les oiseaux viennent boulotter.

Des routines du samedi, il y en a d'autres, avec toujours les flâneries et longues marches digestives à travers la ville, et parfois une séance de cinéma. Le week-end dernier, c'était The Grand Budapest Hotel dans la grande salle du Louxor, une *MERVEILLEUSE* surprise pour les fans très modérés que nous sommes du cinéma de Wes Anderson — The Royal Tenenbaums m'a paru prodigieusement pesant et ennuyeux et de façon générale, l'esthétisme qui parcourt ses films est un peu creux, mais là, rien de tout ça. Pour une fois — bon, c'est vrai pour Fantastic Mr. Fox aussi —, l'intrigue n'est pas secondaire et on se laisse emporter avec plaisir dans les aventures de monsieur Gustave et de son lobby boy Zero Moustafa. Les décors de cette Europe centrale, qui me rappellent tant l'Autriche, les montagnes enneigées, la pâtisserie Mendl, le tramway, la façade rose bonbon de l'hôtel, l'aspect cartoon de certaines scènes — notamment la course poursuite en ski qui devient un condensé de jeux olympiques —, tout cela nous a drôlement plu, sans oublier la grâce d'un Ralph Fiennes dans ce qui est sans doute son meilleur rôle. En fait, j'ai très envie d'aller le revoir, très vite.


Cette fin de semaine aura été marquée par un débat assez amusant au bureau. À l'origine de ce débat : une livraison de snacks gracieusement offerts par notre employeur, en plus du panier de fruits hebdomadaire et des biscuits habituels. Dans les cartons : barres chocolatées au nom de félin, chips, biscuits apéritifs, et sodas à gogo. Un des geeks, choqué de voir tant de cochonneries industrielles, se fend d'un courriel pour protester contre la nature des snacks offerts. S'ensuit une chaîne de réactions, de vives discussions entre les amateurs de junk food et les autres — snobs et/ou juste soucieux d'une alimentation plus saine. On nous demande alors d'établir une liste de souhaits. Certains voudraient du thé Kusmi mais n'osent pas le demander, d'autres proposent des fruits séchés/secs et des crackers aux graines de courge et au fromage, une telle demande des chewing-gums, tandis qu'une autre précise que les jus de fruits devraient être "sans sucre ajouté, right ?", et puis il y a ceux qui veulent garder les chips, les sodas et les barres chocolatées.
Certains proposent que je m'occupe d'apporter des biscuits et gâteaux maison. C'est vrai ça, rien ne vaut les gâteaux maison, avec de vrais ingrédients et aussi de l'amûr dedans. En plus, pour ce farz, j'ai eu la chance d'avoir des pruneaux maison faits par Gracianne. C'était bien bon.

Le farz aux pruneaux selon Gracianne
(recette adaptée de celle de Patrick_CdM, merci à tous les deux !)


pour un plat en terre de 20 cm de diamètre environ

7 c.s. de farine (T45, ou 55 ça va aussi)
5 c.s. de sucre (cassonade) (initialement : 4)
3 œufs
1/4 l de lait entier
75 g de beurre demi-sel
1 c.c. d'extrait de vanille maison
1 bol de pruneaux dénoyautés

Dans un saladier, mélanger ensemble la farine et les œufs, pendant longtemps, très longtemps, à la cuillère en bois. Il faut tenir la cuillère creux vers le bas, de façon à faire rentrer le plus d’air possible dans la pâte et mélanger énergiquement jusqu’à obtenir une pâte lisse, sans grumeaux et bien jaune. Je pense qu'un bon quart d'heure fait l'affaire — même si Patrick le fait pendant une demi-heure —  et qu'on peut aussi se faire aider d'un appareil électrique.
Ensuite, ajouter le sucre et l’extrait de vanille et mélanger.
Ajouter le lait petit à petit et délayer, comme pour une pâte à crêpes. Laisser reposer pendant une demi-heure.
Préchauffer le four à 200 ºC.
Mettre le beurre dans un plat en terre et le faire fondre dans le four jusqu’à ce qu’il soit bien chaud.
Sortir le plat et l’incliner dans tous les sens pour bien répartir le beurre.
Y verser la pâte. Disposer les pruneaux dénoyautés et enfourner.
Au bout d’environ un quart d’heure, quand les côtés du farz commencent à gonfler, réduire la température à 180 ºC. Laisser encore cuire environ 30 minutes, jusqu’à ce qu’il soit bien doré.